Les Statuts de la G.L.T.M.F.

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CONSTAT ET SOLUTIONS

Une obédience est une structure dont le but est d’aider au bon fonctionnement du travail spéculatif dans les loges… mais voilà qu’au fil du temps, ce qui n’était qu’un encadrement, chargé du soutien logistique et administratif, a pris de plus en plus de place et, s’est glissé entre les loges, comme le lierre le fait entre les pierres d’une façade, puis les a disjointes peu à peu, dégradant ce qui faisait leur force et leur union, et a pénétré enfin dans l’édifice, jusqu’à le cacher tout entier… jusqu’à l’étouffer.

On a confondu le contenu et le contenant, c’est l’administratif qui désormais règne en maître et même, en Grand Maître.

Effectivement le Grand Maître, lui même, initialement haute et vertueuse pensée, a suivi le mouvement, et est maintenant de plus en plus souvent choisi, sélectionné, pourrait-on dire, dans le but d’assurer un pouvoir absolu.

Si certains organes profanes ont connu leur centralisme démocratique qui n’avait rien de démocratique on voit apparaître un centralisme maçonnique qui n’a plus rien de maçonnique : Ainsi tous les échelons administratifs ordinaires d’une entreprise profane, se sont immiscés dans la vie des ateliers.

Nous sommes passés du « Spéculatif » élan véritable de la Maçonnerie à « l’Opératif », qui est gestion pure et simple d’une entreprise nationale ou multinationale, avec ses préoccupations techniques, ses rivalités de pouvoir et le grand souci d’une trésorerie que l’on veut toujours plus florissante.

L’obédience, devenue quasiment officiellement, organe de pouvoir, s’est empressée, sous la férule de Grands Maîtres clairement interventionnistes, de mettre en coupe réglée, toute la vie maçonnique des frères :

  • En édictant des règlements qu’elle n’a de cesse de modifier.
  • En cherchant à imposer des rituels uniques pour uniformiser le déroulement des cérémonies.
  • En influençant la nature des travaux dans les ateliers.
  • En collectant une part croissante des cotisations pour financer son propre fonctionnement en vue de manifestations profanes.
  • En nommant des responsables -qui lui sont inféodés- au plus haut niveau de la hiérarchie.
  • En s’arrogeant le droit de trancher en matière de justice maçonnique.

Et l’on voit aujourd’hui le système obédientiel se servir des ateliers, non pour y faire jaillir la pensée, mais comme autant de tribunes pour diffuser ses informations, sa façon de voir, en un mot son action et programme politique.
Il n’est plus rare de constater, au même titre que l’on a pu, hélas, croiser des frères « affairistes » l’introduction pure et simple du profane en lieu et place du sacré.

Dans ces conditions est-ce que le Frère vient encore respirer l’air de la liberté de pensée dans les ateliers ? Est-ce qu’il vient s’enrichir du savoir, de la tradition et des cultures sacrées du monde des hommes ? Est-ce qu’il vient s’éclairer à la lumière céleste de l’Orient,  ou lire des ordonnances aux néons des bureaux de l’obédience ?

Mais un mouvement nouveau s’est mis en marche.

Comme toujours c’est de la base, c’est à dire des loges, que vient l’indispensable réforme.
Ces loges qui doivent retrouver en urgence, la première place, au centre du dispositif maçonnique, car elles sont seules à porter à la fois la dimension symbolique et  pratique de la Maçonnerie.

Et c’est ce qu’a bien compris la Grande Loge Traditionnelle & Moderne de France et ce à quoi elle travaille en plaçant, dans ses statuts et ses règlements, la « Loge » au cœur d’un espace de liberté retrouvé et mettant ainsi un terme à la dérive dangereuse que nous avons constatée dans l’organisation maçonnique….

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L’élection du Grand Maître, dans plusieurs obédiences est la seule élection légitime.

Elle donne les plus grands pouvoirs à un seul homme, pendant la durée de son mandat et les  contre-pouvoirs sont quasi-inexistants.
Par ailleurs l’attitude ambiguë de certains frères dont l’unique ambition et de singer les pompes de l’église catholique, place le Grand Maître dans une situation extrêmement avantageuse, lui permettant de distribuer les honneurs et les tabliers, pour mener comme il l’entend la politique qu’il souhaite.

A la Grande Loge Traditionnelle & Moderne de France, l’esprit qui y préside est totalement différent et l’élection du Grand Maître se déroule en deux temps :

Dans un premier temps, on procède à l’élection du conseil d’administration -ou Conseil de l’ordre – composé d’une liste de 23 frères au minimum et de 33 frères au maximum.
Dés son élection, le Conseil de l’Ordre se réunit pour élire en son sein le Grand Maître de l’obédience.

Ce dernier bénéficie de l’ensemble des pouvoirs et peut agir, nommer, conformément au pouvoir d’un Grand Maître d’une obédience,  mais, différence notable, le conseil de l’ordre peut, en cas de faute, dérive, désaccord grave, et en conformité avec les règlements, destituer le Grand Maître et le remplacer sur-le-champ.
Ce n’est plus un seul homme qui détient la légitimité… il est lui-même sous le regard de ses Frères.

La liste des frères composant le conseil de l’ordre tient compte des rites et de la répartition géographique.
Les membres du conseil de l’ordre, n’occupent aucune fonction auprès du Grand Maître afin de garder la disponibilité d’un jugement indépendant.

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C’est un aperçu des modifications importantes que l’on peut découvrir au sein de notre obédience ; On ne s’est pas arrêté là,  il en existe d’autres, et non des moindres, par exemple sur la justice maçonnique, le rôle du Conseil des Sages, la remise du Vidimus (Charte ou Patente autorisant la loge à se réunir).
Ces innovations ouvrent un espace de vraie liberté et de grande souplesse pour le fonctionnement de notre obédience.

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Concernant l’ensemble des innovations :

  • Sébastien Fontenelle écrit dans «  des Frères et des Affaires » édition Denoël : «  c’est une contribution importante à une réflexion d’ensemble sur l’avenir de la franc maçonnerie française et européenne sur la façon de se débarrasser des mauvais sujets »
  • Simon Giovannnai ancien Grand Maître du Grand Orient préfaçant l’ouvrage de Bernard Merolli : «  Et ici et maintenant et seulement dans une loge nous pouvons devenir maître, si nous appliquons humblement l’enseignement : travailler les fondamentaux maçonniques… et c’est à une maçonnerie de l’ailleurs que l’on nous invite, infinie est la capacité à se dépasser, infinie est la force, la sagesse, et l’amour des autres. »
  • Pierre Marion, ancien officier national de la GLNF, membre de la grande Loge Unie d’Angleterre préfaçant l’ouvrage de Bernard Merolli :«  Les obédiences sont entraînées vers un inexorable déclin, et s’engagent sans rémission dans la dégradation et la disparition. C’est pourquoi,  je souscris sans réserve à ces analyses, à ces observations très pertinentes, et à ces réflexions approfondies.